Les impôts directs sont ceux pour lesquels la personne qui paie l’impôt est aussi celle qui en supporte réellement la charge. Le redevable et le contribuable se confondent. Ils sont jugés plus équitables que les impôts indirects, car leur calcul tient compte des revenus, de la situation familiale et parfois du patrimoine. Ils sont en principe établis au nom d’un contribuable identifié et prélevés à échéance régulière, sur des bases déclarées ou contrôlées.
En France, les principaux impôts directs sont l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur la fortune immobilière et les impôts locaux, notamment les taxes foncières. S’y ajoutent les prélèvements sociaux comme la contribution sociale généralisée et la contribution au remboursement de la dette sociale, qui, même s’ils financent la protection sociale, relèvent juridiquement d’impositions de toutes natures.
L’impôt sur le revenu des personnes physiques est un impôt progressif qui porte sur l’ensemble des revenus perçus par un foyer fiscal au cours d’une année : salaires, pensions, revenus professionnels, revenus fonciers, revenus du capital et plus-values imposables. La base imposable résulte de la somme de ces revenus nets, après abattements et charges déductibles, puis de l’application du quotient familial. Le barème par tranches demeure un instrument central de la redistribution, les taux augmentant par paliers avec le niveau de revenu.
Depuis le 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu est prélevé à la source. L’administration fiscale calcule un taux de prélèvement à partir de la dernière déclaration, puis ce taux s’applique directement sur les salaires et pensions, ou sous forme d’acomptes prélevés sur le compte bancaire pour les autres revenus. Cela supprime le décalage d’un an entre perception du revenu et paiement de l’impôt et permet une meilleure adaptation en cas de variation de revenus. La déclaration annuelle reste obligatoire afin de régulariser la situation, ce qui peut conduire à un remboursement ou à un solde à payer.
À partir de septembre 2025, les couples mariés ou pacsés sont soumis par défaut à un taux de prélèvement individualisé, afin de mieux refléter la situation de chaque conjoint, sans modifier le montant global d’impôt dû par le foyer. Les contribuables conservent la possibilité de revenir à un taux commun sur option.
La contribution sociale généralisée est un prélèvement social affecté au financement de la protection sociale. Elle s’applique à la plupart des revenus perçus par les personnes fiscalement domiciliées en France : revenus d’activité, de remplacement, du patrimoine et de placement. Les taux varient selon la nature des revenus et la situation du contribuable, et seule une partie de la CSG est déductible de l’impôt sur le revenu.
La contribution au remboursement de la dette sociale, créée en 1996, demeure prélevée sur les mêmes assiettes que la CSG, à un taux unique de 0,5 pour cent. Elle devait initialement disparaître après extinction de la dette sociale, mais le calendrier a été plusieurs fois adapté et la CRDS reste en vigueur en 2025, en attendant une éventuelle réforme globale des prélèvements sociaux.
Ces prélèvements, qui s’ajoutent à l’impôt sur le revenu, expliquent qu’une partie significative de la charge globale pesant sur les ménages prenne la forme de contributions affectées à la Sécurité sociale plutôt que d’un seul impôt d’État.
L’impôt sur les sociétés s’applique aux bénéfices réalisés par les personnes morales soumises à ce régime, comme les sociétés anonymes, les sociétés à responsabilité limitée, les sociétés par actions simplifiées et certaines sociétés de personnes qui optent pour l’IS. Les bénéfices imposables sont déterminés à partir du résultat comptable, corrigé par les réintégrations et déductions prévues par le code général des impôts. Le taux normal de l’IS est désormais fixé à 25 pour cent, avec un taux réduit sur une fraction des bénéfices des petites entreprises qui répondent à des critères de chiffre d’affaires et de détention du capital. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Au niveau local, la contribution économique territoriale remplace la taxe professionnelle. Elle comprend principalement la cotisation foncière des entreprises, assise sur la valeur locative des biens soumis à la taxe foncière, et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, appelée à être progressivement supprimée d’ici la fin de la décennie. Ces impôts locaux, votés par les collectivités, représentent une part importante du financement des communes, départements et régions.
L’impôt de solidarité sur la fortune a été remplacé en 2018 par l’impôt sur la fortune immobilière. En 2025, l’IFI s’applique aux personnes physiques dont le patrimoine immobilier net taxable, détenu directement ou indirectement, dépasse un million trois cent mille euros au 1er janvier. L’assiette est constituée des immeubles et droits immobiliers non professionnels, situés en France ou à l’étranger pour les résidents fiscaux français, après déduction des dettes afférentes. Un barème progressif par tranches s’applique, avec des taux allant de 0,5 à 1,5 pour cent environ.
Les droits de mutation à titre gratuit, qui comprennent les droits de succession et de donation, complètent cette fiscalité patrimoniale. Ils sont calculés sur la valeur nette transmise après abattements, selon un barème progressif qui dépend du lien de parenté. La combinaison entre IFI éventuel, droits de succession et prélèvements sur les revenus de capital organise une imposition globale du patrimoine, régulièrement discutée dans le débat public, notamment à travers les propositions d’impôt minimal sur les très hauts patrimoines.
Les impôts locaux sont des impôts directs non progressifs, affectés aux budgets des collectivités territoriales. La taxe d’habitation sur les résidences principales a été totalement supprimée depuis le 1er janvier 2023 pour tous les contribuables. En revanche, une taxe d’habitation reste due sur les résidences secondaires meublées, ainsi que sur certains locaux meublés non occupés à titre de résidence principale, avec la possibilité pour les communes situées en zones tendues de majorer cette taxation.
La taxe foncière sur les propriétés bâties concerne les propriétaires et usufruitiers d’immeubles bâtis, qu’il s’agisse de logements, de locaux professionnels ou de parkings. Elle est calculée à partir de la valeur locative cadastrale du bien, revalorisée chaque année, et des taux votés par les collectivités. La taxe foncière sur les propriétés non bâties s’applique aux terrains. Ces impôts ont connu de fortes hausses sur la dernière décennie, sous l’effet conjugué de la revalorisation des bases et des décisions locales, ce qui en fait un sujet sensible pour les ménages et les investisseurs.
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères est souvent adossée à la taxe foncière et finance le service de collecte et de traitement des déchets. D’autres contributions locales plus ciblées existent, notamment en matière d’urbanisme, mais leur importance reste moindre que celle des grandes taxes foncières.
Les impôts indirects frappent les opérations plutôt que directement les personnes. Ils sont en principe intégrés dans les prix et répercutés sur le consommateur final. Le redevable légal, qui verse l’impôt à l’administration, n’est pas celui qui en supporte réellement la charge économique. Ces impôts sont souvent proportionnels et peu personnalisés, car ils ne tiennent pas compte de la situation individuelle du contribuable, même si certains dispositifs d’exonération ou de taux réduits introduisent une forme de modulation.
La taxe sur la valeur ajoutée est l’impôt indirect central du système fiscal français et la première ressource de l’État. Elle s’applique à la plupart des livraisons de biens et prestations de services, ainsi qu’aux importations. En 2025, le taux normal est de 20 pour cent. Il existe un taux intermédiaire de 10 pour cent, un taux réduit de 5,5 pour cent pour un ensemble de produits et services de première nécessité et un taux particulier de 2,1 pour des opérations très ciblées comme certains médicaments remboursés et la presse.
La TVA est collectée à chaque étape du circuit économique, mais chaque entreprise ne reverse à l’État que la différence entre la TVA facturée à ses clients et celle qu’elle a payée à ses fournisseurs, ce qui la fait porter in fine par le consommateur. Elle s’applique également aux achats effectués à l’étranger lorsqu’ils sont importés ou soumis à la TVA au moment de la livraison en France, y compris pour les achats sur internet provenant de pays tiers.
Les anciennes taxes intérieures de consommation sur les produits énergétiques, sur le gaz naturel ou sur l’électricité ont été intégrées dans le système des accises sur les énergies. Ces impôts frappent la consommation de carburants, de gaz et d’électricité et constituent une ressource importante pour l’État. Ils comportent aujourd’hui une dimension environnementale, par le niveau des tarifs et la structure de la fiscalité, en incitant à réduire l’usage des énergies les plus polluantes.
Les droits d’enregistrement, droits de timbre et taxes assimilées sont prélevés à l’occasion de certaines opérations juridiques comme l’achat d’un bien immobilier, la constitution d’une société, la cession de parts sociales ou l’enregistrement d’actes. Ils jouent un rôle important dans le coût des transactions, par exemple dans les frais dits de notaire lors des acquisitions immobilières, dont une large part correspond en réalité à des taxes pour l’État et les départements.
Les taxes sur les produits du tabac et de l’alcool, les prélèvements sur les jeux d’argent, les contributions spécifiques sur certains billets d’avion ou opérations financières complètent ce paysage des impôts indirects. Ils poursuivent à la fois des objectifs budgétaires et des objectifs de santé publique ou environnementaux.
L’impôt est un prélèvement obligatoire sans contrepartie directe, destiné à financer l’ensemble des dépenses publiques de l’État et des collectivités. Il n’est pas affecté à un service particulier, même si, politiquement, certains impôts sont parfois présentés comme finançant une politique donnée. La taxe, en revanche, est juridiquement liée à l’usage d’un service ou d’une infrastructure, même si le lien entre le montant payé et le coût réel du service reste approximatif. La redevance correspond, en principe, à la rémunération d’un service public individualisable, dans une logique plus proche du prix que de l’impôt.
La contribution à l’audiovisuel public, souvent appelée redevance télé, illustre cette distinction. Elle avait la nature d’un impôt, même si elle était présentée comme une redevance affectée au financement des chaînes publiques. Cette contribution a été supprimée à compter de 2022 pour tous les contribuables. Le financement de l’audiovisuel public est désormais assuré par une fraction du produit de la TVA.
Les impôts et taxes financent ainsi le budget général de l’État, les comptes sociaux et les budgets locaux. Ils permettent de rémunérer les agents publics, de financer les infrastructures, les politiques d’éducation, de santé, de sécurité, mais aussi les transferts sociaux et les politiques de solidarité. La fiscalité demeure à la fois un outil de financement, un levier de politique économique et un instrument de redistribution, au cœur des débats sur la compétitivité, la justice sociale et la transition écologique dans la France de 2025.